« NOUS VOUS VOYONS, NOUS VOUS ENTENDONS, NOUS VOUS AIMONS, NOUS REVIENDRONS »

Tel est le message laissé sur les murs de certains abattoirs comme celui inscrit dernièrement à l’abattoir de la société Cibevial.

Explication : »Ce geste symbolique, presque dérisoire, cette trace laissée montre que nous sommes là, que désormais nul abattoir ne sera épargné par l’action directe et surtout qu’ils ne sont que des anomalies broyant chaque jour des millions de vies perdues à jamais. Des vies que nous avons côtoyées, des vies importantes, des vies qui comptent.
Les conséquences judiciaires de ces actes de désobéissance sont assumées pleinement par notre association qui a déjà maintes fois expliqué son choix stratégique.
Chaque mouvement révolutionnaire de libération usait d’un symbole pour montrer à l’ennemi sa présence, pour qu’il n’oublie pas, nous faisons de même.
Être avec eux dans les bouveries où nul ne s’aventure, partager leur dernière nuit, est désormais la seule chose qui ait un sens pour nous.
Gronde en chacun des activistes qui ont participé à ces blocages l’impérieuse et indicible nécessité d’y retourner. Pourtant les autres disent que nous en faisons trop, que les émotions trop vives ne doivent pas guider un combat si sérieux, se lassent des mots larmoyants et de vos visages, nous disent qu’il est temps de tourner la page mais votre souvenir se glisse partout où notre esprit voudrait le fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on nous adresse, se colle à chaque musique que nous écoutons, à chaque image que nous regardons ; nous obsèdent éveillés, épie notre sommeil, et réapparaît dans nos rêves sous la forme d’un condamné implorant.
Faut-il vous oublier pour mieux se jeter à nouveau corps et âme dans le combat ? Comment oublier les innombrables victimes que nous avons laissées derrière nous ce jour là ?
Il faut avoir passé la porte de ces machines de mort pour comprendre qu’on n’en ressort pas.
Que les animaux y ont perdu la vie et que nous y avons perdu notre espoir.